- Une étude AMDEC est un projet, qui doit se dérouler comme tous les projets, avec un chef de projet, une équipe, des objectifs et une méthodologie. La démarche globale va être la suivante:

- 1 - recruter l'équipe. C'est une étape cruciale, comme chaque fois que l'on monte un groupe. Les participants doivent être compétents, disponibles, et surtout aptes à travailler en équipe.
Les membres représentent les différents métiers de l'entreprise : production, maintenance, achats, contrôle, méthodes, bureau d'étude / R et D. Pas moins de 5 personnes, pas plus de 8 ou 9. L'animateur
maîtrise l'AMDEC et l'animation de groupes de travail. Il n'est pas nécessairement un expert du domaine.
- 2 - délimiter la portée de l'étude. Elle doit être limitée très précisément, car quel que soit le système étudié, on ne peut pas oublier son environnement.
De proche en proche, on en viendrait à réaliser l’AMDEC de l’usine entière !
Une fois la portée de l’étude définie, il faut accumuler les informations sur le produit (ou la machine, ou le procédé), sur ses pannes et ses défectuosités connues, sur les produits similaires
et leurs performances, etc. Ceci sera indispensable pour attribuer une valeur à la gravité ou au risque de ne pas voir la défaillance, ou à la probabilité que la défaillance survienne.
- 3 - choisir le type d'approche le plus approprié à l'étude. On a globalement le choix entre deux approches :
- l'approche "mécanique" qui consiste à démonter (physiquement ou sur le papier) l'objet dont on réalise l'AMDEC. Ensuite, on trouvera les modes de défaillance de chacune des pièces.
Cette approche ne fonctionne bien entendu que pour des objets existants.
- l'approche fonctionnelle. On recherche les fonctions que l'objet, le système, la machine, le procédé... doit assurer, via une analyse fonctionnelle "classique" (avec les outils que le groupe a
l'habitude d'utiliser (méthode APTE®, SADT, bloc-diagramme fonctionnel, ou autre). Ensuite, il suffit de considérer qu'une défaillance, c'est une fonction qui n'est plus assurée, ou
assurée de manière partielle, intermittente, ou encore qui est "trop bien" assurée, etc.
L'approche fonctionnelle est toujours utilisable, et donne lieu à des AMDEC plus complètes, mais elle nécessite un apprentissage de la part du groupe de travail. C'est pourquoi elle est souvent délaissée
dans le cas d'AMDEC produit ou d'AMDEC moyen au profit de la décomposition "mécanique".
- 4 - définir les unités qui seront analysées: ce seront les pièces, ou des ensembles de pièces dont on étudiera les défaillances.
- 5 - évaluer les modes de défaillances: le mode de défaillance, c'est la manière dont la défaillance se manifeste. Il ne faut surtout pas se poser la question "est-ce que ce type de défaillance peut arriver ?"
car - Murphy oblige - la défaillance se produira tôt ou tard. Il faut se demander "exsite-t-il une autre manière de défaillir pour ce système ?". Bien entendu, il peut y avoir plusieurs modes de défaillances pour une même
fonction. Par exemple, pour l'interrupteur d'une lampe-torche, les modes de défaillance pourraient être :
- "bloqué en position allumée",
- "bloqué en position éteinte",
- "ne reste pas en place",
- "l'allumage ne se fait pas (alors que l'interrupteur est en place)".
- 6 - déterminer les effets associés aux modes de défaillance identifiés. L'effet vient après la défaillance, il ne faut pas prendre l'un pour l'autre. Pour reprendre l'exemple de la lampe-torche, les effets seraient,
respectivement :
- "impossible d'éteindre la lampe-torche, les piles se vident",
- "impossible d'allumer la lampe-torche, l'utilisateur ne peut pas faire de lumière",
- "l'utilisateur doit garder constamment le doigt appuyée sur l'interrupteur, il ne peut pas poser la lampe-torche",
- "l'utilisateur ne peut pas faire de lumière".
- 7 - identifier les causes des défaillances. Le mode de défaillance est une chose, il faut trouver la ou les causes associées. En effet, deux causes différentes peuvent amener au même effet. Pour finir avec l'exemple
de la lampe-torche, on aurait, toujours respectivement :
- "déformation du corps de la lampe-torche", "déformation du bouton-poussoir",
- "déformation du corps de la lampe-torche", "déformation du bouton-poussoir", "oxydation des contacts"
- "déformation du corps de la lampe-torche", "déformation du bouton-poussoir", "déformation du contact"
- "oxydation du contact", "contact souple cassé".
- 8 - réaliser l'étude de criticité. Il s'agit là de la partie quantitative de l'étude. On doit noter:
- la Gravité des effets associés chaque mode de défaillance (on parle de "facteur G", ou parfois de "S", pour l'anglais Severity) ;
- la Fréquence d'apparition de chaque mode de défaillance - elle découle des causes (on parle de "facteur F", ou parfois de "O", pour l'anglais Occurence) ;
- la probabilité de ne pas détecter le mode de défaillance (on parle de "facteur D").
- La Criticité C se définit alors comme le produit des trois facteurs : C = G x F x D
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